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MOTS TUS ET BOUCHE COUSUE








IL
Je mets les poignées de ce temps précieux au fond de mes poches, 
j’y glisse mes mains pour me rassurer, pour me sentir encore plus vivante. 
Quelques douceurs à égrener lorsque tu n’es pas dans ma peau, 
lorsque où es tu, lorsque le manque… 
Et mes mains en solitude jouent à d’autres jeux, 
retiennent les caresses comme ma bouche le goût.
La peur nichée dans mon grain s’éreinte peu à peu.
J’égrène et sous mes doigts la vie. Naissance avec son cri.

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LE BIEN EST FAIT

Il est trop tard, le bien est fait
La limite est franchie, elle le sait
Funambule des heures sauvages
Noctambule de ses orages

Il est trop tard, le bien est fait
La frontière est franchie, voilà c’est fait
Impossible de se dédouaner
La farouche en est toute retournée

Assied toi sur ce jour pessimiste
fixe le crépuscule qui s’éva-nuit
Et cette aube qui entre en piste
Regarde comme la vie est jolie

Alors c’est ça l’amour ?
Le demain incertain aussi ?
Et sa main sur ton coeur lourd

Te rassure encore pour aujourd’hui.

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LA FAIM

Ce qu’il y a de bien avec mes déchirures c’est qu’elles sécrètent la substance idéale pour nourrir mes mots. Ils la tètent, apaisés, si lentement qu’ils ne sont jamais repus. Malgré moi je leur offre cette nourriture, mère ingrate mais néanmoins attentive à leur croissance. Et pendant qu’ils s’abreuvent d’émotions, je me dessèche, sans faim, l’appétit s’amenuisant, se perdant dans la déchirure, plaie béante, bouillonnante. je m’étiole.

J’écoute le tumulte du vide qui s’installe dans ma poitrine. Ce cri sourd qui se retient et enfle comme l’orage. Cul mollus, je m’assois et j’attends. Bouche cousue. Pensées décousues. Langue mordue.

Jusque-là mes alibis m’ont aidée à tenir la distance, un sourire, une absence. Tout va bien. 
Elle est si forte.

Je suis un lien de soi délié. Une esquisse qui s’efface. Elle s’impose dans ma carcasse et prend le contrôle. Étrangère. Et le temps d’un soupir extrait du néant, sur mes guibolles sans force, l’anéantissement pour tout bagage, j'hésite à poursuivre ce chemin épuisant.


J’implore, les yeux fixés sur mes pieds mouillés, diable ou dieu, de me donner encore un peu de courage. Le diable se marre, le dieu ignore. Mordre encore la terre pour y puiser l’énergie, n’est-ce pas comme cela que l’on apprend à vivre ?


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ET SI

 Et si mon ventre éructe
en spasmes pointillés
Les jets de larmes
de mon autre que je distance

Et si de mon intarissable soif
Il coule encore de ma source
Que j'épuise... ultime goutte de Lui

Et si en apnée dans nos eaux troubles encore
Êtres ou ne pas Êtres
dans la langue de j'expire
Nos bouches à bouches salvateurs 

Alors je reprendrais souffle
Sur les berges de son corps
nous nourrirais encore d'amour

De mon ventre redevenu désir
En spasmes pointillés
Les jets de plaisir
De mon autre... rapprochés



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LA BUISSONNIERE


Je lui souffle
D'une voix buissonnière
Mes libertés de mauvaise élève
Mon école de femme
N'a plus de maître
Le tableau noir dénudé de mots
Cacher mes mains tracées de craie
Je copierai sans foi
Nos leçons à oublier
N'a fourni aucun effort
Elève indisciplinée
Suspendue pour mauvaise conduite

L'école est finie...

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LA RIGOLE

  
Je pars en pluie
Qui rigole en lacrymale
Dans les sillons de ma chair
...l'amour pleure...

Je pare en pluie
Qui trombe d'Oh rage
Dans le caniveau de la vie
...La foudre jaunie...

Femme assise sur son trottoir
Observe silence au défilé d'une histoire
Et flotte une brindille dans  la rivière
Sans éclabousser les parfums d'hier

Suivre le cours est bien trop long

J'arque en ciel mes bras libres
Souffle nuages de tout mon cri
Rire en éclat d'un soleil subtil
Séchés les "je t'aime" volatiles 
TAM TAM

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VOGUE LE RADEAU


Sous la vague de son âme
Elle s'est enroulée
La langue si peu pendue
Pour soulager le bleu imprimé
Eveillée aux quatre vents attentive à la différence
Sereine dans l'attente  d'une attention dévoilée
Paname.... était-ce Capitale ?
Quand pour soulager son âme en chair de poule
Elle se laisse revêtir d'une commune indifférence
La capitale.... était-ce un Pari ?
Elle était  venue chercher l'Haleine qui la réchaufferait
Tenant entre ses doigts le fil soyeux de leurs mots partagés
La lame du vague émoussée
Elle dit Vague et vogue son âme...
Sur des eaux moins troubles à présent
Son radeau de fortune toujours à flots
En quête d'une terre qui l'accueillera
Les réponses erronées coulent en abysses

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L'ORGUE DE BARBARIE

Il était planté là
Avec sa gueule triste
Ses yeux délavés
Sa veste usée

J'étais assise là
A rire comme un souffle d'air
Libre particule ensoleillée
Des mots et des yeux taquiner

Il s'est planté là
Comme un tableau désuet
Fais des ronds de poignets
Son sourire douloureusement joli

J'étais assise là
La reine d'une ruche à miel
Entourée d'amis sucrés
Cherchant la faille pour se moquer

Il s'est planté là
Son cœur tournant la manivelle
Ses mains caressant le papier perforé
Son être entier de cette musique vivait

J'étais assise là
Avec soudain mon rire envolé
Si loin de mes amis sucrés
Goûtant au bonheur de cette tristesse qu'il m'affligeait

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L'ENNUI


L'aube se déplie sur l'horizon encore froissé de brume.
Je silence, vide, sans le chant d'un oiseau, sans la main d'un ami.
Je m'alangui, lourd à ôter le parfum de la terre
A faire des couleurs un bouquet de misères.
Je m'insinue dans le coton de ton corps
Qui s'évapore sous mon poids.
Pourquoi me chasses-tu d'un sourire d'enfant ?
Je ne te propose rien, ni peine, ni joie.
Je t'aime dans le soupir... tu respires si fort
Contourne moi, mais me fuis pas
M'éviter t'éreintera sans raison
A glaner sans cesse de futiles émotions
Je ne suis pas ton ennemi
Je ne suis pas mortel
Et si parfois tu me goûtes sans peur et sans reproche, tu n'en n'aimeras que plus la vie.

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BOHEME


Elle trimbale son âme
Bohême à deux pieds
Sans rime ni tapage
Vagabonde petite liane
Pleine de ses déliés
Et les gens de son voyage
Effleurent son manteau de lierre
La morsure sur son flanc dissimulée
Que d'autres pèlerins ont laissé
Ils puiseront à leur tour
Dans l'encre bleue de ces cernes
Gravant sur sa peau douce
Des mots qui couleront dans ses veines
Bohême, beau aime, bohémienne
Elle glisse légère sur leurs bouches
Glane la musique de leurs rires qui s'envolent
Elle s'enroule aux troncs des arbres
Dans  la brume du plaisir
Et lorsque l'aube se penche sur ses cils
Léchant les collines chaudes et rondes
Elle foule déjà pieds nus d'autres "taires"
Laissant son parfum pour tout message
Bohême, beau aime, bohémienne 

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PLAISIRS NON DEMODES


Trois centimètres de jupe relevée avec les doigts
et à ce moment là penser à toi

Sentir le soleil caresser ma nuque
Et frémir de t'imaginer

Croquer du raisin, son jus laisser perler
Et rêver que tu viennes y goûter

Marcher lentement dans la rue bondée
comme si seul ton regard pouvait me déshabiller

Laisser mes cheveux par le vent se faire chahuter
Poser ma main sur mon cou, doucement glissée...

Penser que ce sont tes gestes pour un instant
Et Enfin te trouver  pour un plaisir incandescent

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DE NOS PAGES LIÉES
 

Je mots croisés
Tu mots muets
Je défile mes bas
Tu chapeautes mes Oh
Je lis tes ratures
Tu délies nos pleins
Je barre sur le T
Tu fermes parenthèse
Tu m’apostrophes
Je missive
Tu résumes
Je relies
 
L’accent est grave
Sur nos douleurs aiguës
de langues vivantes en langues mortes
 
Ponctuer
D’exclamations en interrogations
S’éloigner
En suspension
Comme si…
Un point final
Ne pouvait pas (.) 

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L'ORAGE

L'orage fut beau et puissant
Il a traversé en son temps mon paysage
Sublimé les plaines
Couché les broussailles
Enrichi les lumières

Offerte nue le front tendu à son grain
Désirant en mon être la fougue houleuse
M' apaisant de ses accalmies au vent chaud
4 SAISONS de son eau sur ma peau
Gorgées d'humeurs belles et enragée

Quel est ce soleil qui me brûle les yeux ?

De larmes fades je m'abreuve
Cheveux et corps secs
Pieds plantés en sol aride
Mes mains aveugles sur mes seins sans vie

J'écoute l'Orage qui s'évanouit
Les échos grondent encore
Dessous mon derme bleui
 
 L'arbre au loin me hèle de sa verdure
Frôler son écorce de peau
M'abriter sous son ombre docile
Enrouler à son tronc mon corps trop frêle
Et me désaltérer de sa sève divine

J'entends battre son désir doux et viril
Fermer les yeux en douceur
Se Lover dans ses branches accueillantes
Un bel endroit pour faire son nid

L'Orage est parti.

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MON AMNÉSIE

Chercher l'attitude, les yeux en chaque lieu.
La respiration, le battement de cil en chaque pensée
Le contour des lèvres, la fierté d'une pommette en chaque objet

Et mon regard fuit sur les rails ou en altitude
Fouille le ciel caressé de palmiers échevelés
Visite d'autres hommes pour le retracer

L'amour lutte contre l'amnésie qui l'érode
Mais ma peau fêlée se nourrit d'oubli
D'un visage aimé s'estompe le souvenir
Seule une ride profonde se froisse encore
Dans ma mémoire qui suinte l'encre sympathique

Une vague sans écume heurte mon récif de ventre
Réveille la brûlure de  mon impuissance à retenir


Délave et emporte jusqu' à la moindre commissure.

Et je ne sais pas où puiser ma peine
Dans ma faiblesse de ne plus pouvoir l'imaginer
Ou dans ma force à vouloir le retrouver.


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SÉPARATION

Demain j'étais là
Assise sur nos taires
Le regard en éclat de tes rires
Les lèvres gorgées de tes secrets
Dans mes paumes ouvertes
Je garde tes soupirs

Hier je suis là
Au creux de ma rivière tarie
Effleurant ton sentier désert

Quel jour sommes-nous ?

Pleine de tes silences en vacarme
Je transparence toute ton absence
S'évapore ton corps fébrile
S'évanouit ton visage même

L'astre m'offre sa brûlure
Aux paupières closes par ton sel
Dresser tout mon être au vent
Ma peau de pluie déchirée en gouttelettes

Quel temps sommes-nous ?

L'eau douce et abondante
Peu à peu revivra dans mon lit


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